Université du Mali : Le Campus de la mort

Pacifier le nord et le centre  est-il aussi probable qu’obtenir la quiétude à l’école malienne ?  Chaque année académique, l’université voit monter son taux de mortalité  injustifiée  (entre mars 2012 et décembre 2017 trois (3)  étudiants sont morts et une (1) étudiante a été victime de viol collectif.

Quelques jours après une descente de police avait saisi tout un arsenal de guerre sur la colline dite du savoir.   Pistolets, coupe-coupes et grenades étaient stockés sous les matelas et dans les placards). Le 4 juillet dernier  les ‘’universitaires’’  ont de nouveau fait parler d’eux  (paix a l’âme de Souleymane Diarra qui repose depuis a Sénou). Le  défunt qui était étudiant en 1ere année  d’histoire et archéologie   est tombé à la suite d’un affrontement entre adolescents, victime  d’un de ses camarades de la faculté  d’histoire et géographie. Une  dispute a dégénéré pour un poste de «  respond  » (responsable  de classe). Cette fois ci, l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM)  n’a rien à voir avec la situation;  c’est ce que le mouvement s’est empressé de clamer.

Dans tous  les  cas, en attendant la redynamisation des conseils de discipline pour sanctionner les manquements dans le milieu universitaire, on voit que  le défaut de la moralisation des postes électifs en milieu scolaire et universitaire exacerbe  la problématique. Avant et après des états  généraux, des concertations et autres séminaires sur la question, un  ‘’ forum sur l’insécurité dans les établissements scolaires et universitaires ’’ a eu lieu à la Maison des Ainés les 25 et 26 janvier 2018 .Si les recommandations étaient pertinentes, les retombées ne sont  pas encore perceptibles.

En tout cas, plutôt que ceux qui distribuent les billets de banque des hommes politiques ou  les gros bras  obtiennent le leadership, il sera convenable d’instaurer une sélection rigoureuse à l’entrée des différents  bureaux exécutifs du mouvement. Les mêmes critères doivent prévaloir au choix des délégués et des responsables de classes, ascendants devenus  de fait des auxiliaires  du syndicat scolaire et estudiantin.  Aussi faudrait-il – dès l’école fondamentale – former les enfants à la vie associative et au civisme.

A partir de ce niveau d’enseignement , ne devront être habilités à diriger les camarades  que les élèves ayant au moins une note de 15  en discipline et 14 de moyenne générale  en 5eme année (repêchage possible là aussi ??!!). Cela permettra de constituer un vivier à encadrer et former  jusqu’au sortir du supérieur. Le rêve précédant la réalité ; on aura  finalement ce qui manque au MaliBa, une élite responsable et patriote.

Moïse TRAORE

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