Mali / Prochaines échéances électorales : Vers un duel politico-militaire ?

L’autre enjeu de la transition politique en cours au Mali est de susciter une empoignade entre la classe politique traditionnelle et une nouvelle génération de leaders adossés aux militaires.

Pour plusieurs observateurs de la scène politique nationale, le changement institutionnel survenu au Mali le 18 août 2020 vise à instaurer une rupture dans la gouvernance du pays. Vu sous cet angle, ce coup d’Etat se voudrait une tentative de parachèvement de celui du 22 mars 2012, mené par la bande au capitaine Amadou Haya Sanogo.

Ce renversement des institutions avait pour but de redonner un nouveau souffle à la démocratie malienne, à travers des réformes en profondeur. Mais, le régime IBK, qui a pris ses racines en 2013, après la Transition de 2012, a finalement déçu les espoirs placés en lui.

Ce qui a pu conduire à une nouvelle intervention des militaires sur la scène politique et institutionnelle seulement 7 ans plus tard, soit le 18 août 2020. Ce nouveau coup d’arrêt dans la marche normale du pays a mis en lumière un sérieux besoin d’une sorte de « rectification » dans la marche du pays. Surtout que les uns et les autres reconnaissaient, dans les discours officiels, que le pays avait plus que jamais besoin de réajuster son fonctionnement institutionnel. Et les foras comme le Dialogue national inclusif, la conférence d’entente nationale, la conférence sociale annoncée n’avaient pu dissiper la soif d’un renouveau.

C’est pourquoi l’amorce de la Transition en cours a simplement affiché un schéma quasiment antagoniste entre les responsables politiques d’une part et les colonels putschistes de l’autre. Si les premiers semblaient vouloir préserver le fonctionnement institutionnel préexistant, les seconds véhiculent le message de mise à la touche de ce qu’ils appellent la « vieille garde politique », dont certains noms sont Dr Choguel Kokalla Maïga, Me Mountaga Tall, Soumeylou Boubèye Maïga, Pr Tiémoko Sangaré, etc. Ce dernier discours sera adopté par quelques jeunes partis politiques qui peinent à percer sur le terrain électoral. Il s’agit des jeunes leaders comme Issa Kaou Djim, Aboubacar Sidiki Fomba, Nouhoum Sarr…

En définitive, tout se passe comme si les futures échéances électorales donneront lieu à une opposition entre le clan des nouveaux leaders tracté par les nouveaux hommes forts du pays et celui de la classe politique traditionnelle, héritière du mouvement démocratique, dont le bilan semble mitigé. Quel camp l’emportera aux urnes ? La solidarité et l’instinct grégaire caractéristique de chaque camp pourront-ils être décisifs ? Quid du clan intermédiaire de la génération post-mouvement démocratique des Moussa Mara, Housséini Amion Guindo, Tiéman Hubert Coulibaly et autres ? Le moins que l’on puisse dire est que la bataille sera rude, tant les ambitions sont grandes et les appétits aiguisés.

Il faudra que le jeu électoral soit bien mené par les autorités de la Transition pour permettre au peuple, seul souverain, de décider et, peut-être, d’opérer un savant dosage entre ces clans pour son meilleur avenir.

Boubou SIDIBE

Source : Maliweb.net



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