Zone aéroportuaire : Voici ce que sera le site après la démolition

Démolir les maisons à usage d’habitation et laisser place aux bâtiments administratifs publics ou privés, c’est à cette conclusion que Modibo Poudiougou, conseiller technique au département des Affaires foncières et des domaines de l’Etat, a abouti. Ce qui contredit l’argument qui suppose que la zone aéroportuaire serait sous la gestion de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne (Asecna).

La semaine dernière, le président de la Transition, Bah N’Daw a ordonné la démolition des maisons construites dans la zone dite « aéroportuaire » sur un périmètre de 1.600 ha. Conséquences : des dizaines de familles sont sans abris.

L’argument tenu par les autorités maliennes pour justifier cette démolition est « d’éviter le retrait de la licence par les autorités de l’aviation civile internationale », c’est-à-dire l’ (Asecna) à cause des constructions encombrantes.

Dans notre parution du 18 janvier, nous avions écrit que les thèses tenues par les autorités ne tenaient pas la route. Nous avions aussi dit que l’Etat du Mali voulait faire des 1.660 ha une zone pour ses « affaires ».

Invité sur le plateau de Renouveau TV, mardi 19 janvier 2021, Modibo Poudiougou, conseiller technique au ministère des Affaires foncières, a confirmé les soupçons selon lesquels l’Etat berne les Maliens. Celui en charge de conseiller son ministre, sans le savoir peut être, a démenti la note technique ventilée par son département pour justifier les casses.

Dans ses propos ironiques à la limite, M. Poudiougou qui n’a pu convaincre les téléspectateurs, a fini par cracher le morceau.  A ses dires, la zone démolie sera destinée à d’autres fins notamment la construction d’infrastructures étatiques ou privées. Il poursuit que les maisons à usage d’habitation y sont déconseillées. Qui et comment peut-on être un investisseur dans la zone ? M. Poudiougou a laissé entendre qu’il suffit d’avoir une autorisation de l’Etat malien pour occuper le site. D’ores et déjà, il a fait cas de la construction de l’usine de Toguna-SA que l’Etat a autorisé et bien d’autres.

Les propos de l’invité prouvent à suffisance que la démolition des dizaines de maisons n’a absolument rien à avoir avec un quelconque « retrait de retrait de la licence » par l’Asecna. Sinon comment une zone sous gestion de l’Asecna pourrait accepter la démolition de concessions et accepter la construction d’autres infrastructures qu’elles soient étatiques ou privées ? N’a-t-on pas dit que c’est pour des besoins de « sécurité de la population et de l’aéroport  qu’ils ont démoli les concessions ? ».

A tout point de vue, le raisonnement avancé par le représentant du ministère des Affaires foncières à ce débat était simpliste qu’à telle enseigne l’on a eu comme impression qu’il ne maîtrisait pas le dossier.

Le conseiller avait de la peine a donné des réponses aux interrogations. Tout au long de ses tentatives d’explications, il trébuchait et il a fini par se mettre derrière l’argumentaire facile « devrions nous construire sur un site qui ne nous appartient pas ? ». C’est dommage qu’un conseiller technique sape du coup l’image d’un département par des arguments peu convaincants.

Poudiougou a qualifié de « banditisme » l’acte des maires et autres autorités, qui aux mépris des textes, « ont fait ce qu’ils veulent» en cédant les parcelles à des gens. Il a révélé que les frais d’édilité encaissés par les mairies n’ont pas été reversés au trésor public. A ses dires, des enquêtes pourront identifiées les autorités impliquées dans la délivrance des documents administratifs qui ont permis aux personnes de s’installer dans ladite zone.

Amadou Sidibé

Source: Arc-en-ciel

 

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